Histoire

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Armoiries | Origines | Mines | Archéologie | Sobriquets | Grenouilles

Armoiries

Les armoiries de la commune lui ont été attribuées, après délibération du conseil municipal, par la décision du préfet en date du 30 Avril 1960.

Elles sont décrites de la façon suivante:
d’Azur semé de fleur de lys d’or, de Gueules au lion issant d’or, d’Argent plein

Les fleurs de lys symbolisant l’abbaye de Saint-Denis et le royaume de France,

Le lion sur fond rouge la famille d’Eltz et le
Luxembourg,

L‘argent (ou blanc) l’évêché de Metz.

 

Origines

Selon certains auteurs, le nom de notre commune aurait désigné à l’origine le domaine ou le fief d’un certain VOLCMARUS, le suffixe franc “ing” ou “ingen” indiquant en effet la possession. Volcmarus-ingen ou Volcmar-ingen, donnant WOLLMERINGEN en Allemand et VOLMERANGE en français, serait donc construit comme Lothar-ingen (possession de Lothaire) qui a donné Lothringen en allemand et Lorraine en français.

On imagine d’ailleurs aisément ce Volcmarus gallo-romain déjà installé dans notre beau vallon au moment de la conquête franque.

Des avatars du nom de notre village sont cités dans divers ouvrages :

  • Valembregam Villam in Pago Moslenci en 980
  • Garmerange en 1239
  • Warmerange en 1306
  • Woilmeringen en 1472
  • Volmerange-lès-Oeutrange en 1869
  • Volmerange devient enfin Volmerange-les-Mines le 1er Octobre 1920.

Selon Romain WAGNER dans “Seigneurie de Volmerange Paroisse du keybourg”

Le Francique est la langue qui est issue de celle des Francs. Elle a donné le Luxembourgeois mais aussi le “Platt” de Volmerange ( et de la région de Thionville ) qui s’en distingue par quelques particularismes et surtout par la prononciation. De mémoire d’homme, même pendant l’annexion ( le village a été allemand entre 1870 et 1918 ), à Volmerange, on a toujours parlé “Platt”, à la maison, dans la rue, partout, sauf à l’école.

La richesse culturelle de Volmerange doit beaucoup aux étrangers. Et d’ailleurs, les habitants de Volmerange, à la fin de la Première Guerre Mondiale, n’étaient-ils pas eux-mêmes des étrangers dans leur propre village puisqu’il a fallu qu’en 1920 ils demandent leur réintégration dans la nationalité française. L’essor démographique de la commune est bien sûr dû à l’arrivée massive des mineurs allemands, luxembourgeois, italiens et polonais.

 

Mines

Pendant un siècle ( de 1874 à 1973 ), la commune a connu deux mines importantes en activité:
– Langenberg
– Kraemer

Les deux autres concessions, VOLMERANGE et ROSENMÜHLEN, n’ont pas été exploitées.

Il y a quatre couches ferrifères:

  • La Rouge
  • La Jaune Sauvage
  • La Grise
  • La Jaune Principale

Ces deux dernières étant les plus riches en fer

Sous le plateau, les galeries sont à 150 m de profondeur. L’extraction terminée, les galeries ont été dépilées puis abandonnées. L’exploitation de la minette ( minerai de fer ) a bien sûr totalement transformé le village:eduard

  • augmentation de la population,
  • recettes accrues pour la commune,
  • réalisation très précoce d’équipements collectifs :
    • gaz
    • électricité
    • assainissement
  • essor du commerce et des services :
    • médecin
    • pharmacie
    • collège
  • extension de l’agglomération
  • brassage des cultures

En 1931, sur 1644 habitants, 244 personnes travaillaient dans les mines et 100 dans les usines, surtout celle de Dudelange ( Luxembourg ).Le commerce et les services florissaient:

  • 4 tailleurs,
  • 3 couturières,
  • 2 modistes,
  • 3 cordonniers,
  • 3 boulangers,
  • 4 bouchers,
  • et la commune comptait encore 31 cultivateurs.

 

Archéologie

Sans être riches, les gisements archéologiques attestent néanmoins d’une présence humaine précoce sur le territoire de la commune. Le lieu-dit “Heide” a ainsi livré de nombreux objets attribuables à diverses périodes préhistoriques débutant sans doute avec le paléolithique supérieur.
– grattoirs
– pointes de flèches

Au lieu-dit “Hoeschtert” ont été découverts des tessons de poterie sigillée. Pour plus de précisions, s’adresser à WAGNER Romain ou à PEIFFER Patrice, historiens passionnés de Volmerange. Enfin, lors de la construction du stand de tir, les fouilles au lieu-dit “Heydentempel” ont mis à jour un site archéologique intéressant.
Voici, tel qu’il est paru dans la Revue Lorraine d’Archéologie en 1998, le compte rendu de ces fouilles:

VOLMERANGE-les-MINES-Centre de tir-
Néolithique – Age du Bonze – Gallo-romain
Le site de Volmerange-les-Mines a été repéré suite à des sondages effectués en 1994 sur l’emplacement d’un futur stand de tir (cf. Bilan scientifique régional 1994, p 99). Préalablement aux travaux de terrassement, une fouille a été menée sur le gisement précédemment repéré. Cette opération a permis de dégager les restes d’occupations s’échelonnant du néolithique à l’époque romaine. L’habitat protohistorique est fortement érodé. un petit four et deux poteaux sont les seules structures conservées attribuables à cette période. Un important niveau du sol était également conservé dans le lit fossile d’un ruisseau. Une série de sondages manuels a permis d’échantillonner ce sol sur une longueur de 60m environ. L’étude du mobilier est en cours et permet déjà de distinguer deux phases chronologiques bien distinctes. L’une peut être datée de la transition Bronze final IIa / IIb, la seconde du Bronze final III. Des silex en position secondaire, dont quelques armatures et deux haches polies, attestent d’une occupation plus ancienne remontant au néolithique final. En amont du chenal, le substrat argileux à permis la conservation des matières végétales sur une vingtaine de mètres. Un manche, peut-être de faucille, en bois, quelques branches portant des traces de coups et quelques copeaux proviennent de ce secteur moins dense en vestiges. Plusieurs colonnes de sédiments permettront d’étudier l’évolution floristique de ce secteur. L’occupation romaine correspond à un petit établissement rural. Il regroupe un bâtiment d’habitation rectangulaire construit en bois et terre. Des interruptions ménagées dans le radier constitué de blocs calcaires laissent supposer la présence d’ouvertures. Un solin, situé dans la partie est de la construction, suggère la présence de divisions internes. Cette habitation est implantée perpendiculairement à la pente et son orientation est approximativement est-ouest. Quelques poteaux et structures de combustion rectangulaires accompagnent ce bâtiment. Le mobilier qui n’est pas encore étudié, permet d’envisager une datation des II° – III° siècles de notre ère pour ce site.

Thierry KLAG

Cette description technique et assez succincte ne reflète pas l’émotion qu’ont pu ressentir les personnes qui se sont rendues sur le site après les fouilles, lorsqu’on voyait encore les traces du petit ruisseau, les fondations de pierre jaune de la maison avec les ardoises du toit tombées sur le sol, les trous dans lesquels étaient enfoncés les poteaux qui soutenaient sans doute un petit grenier, l’endroit qui devait servir de dépotoir.

 

Sobriquets

L‘usage du sobriquet est toujours en vigueur parmi les jeunes. Il est une manière de se moquer de quelqu’un… ou de lui manifester son affection.

Autrefois, au temps où l’on parlait encore le “platt”, c’était un peu différent. Les gens se connaissaient tous et ne s’appelaient jamais par leur nom de famille. Ils utilisaient toujours le prénom. C’était la coutume. Et comme il n’y avait pas 36 prénoms différents, puisqu’on donnait (aux garçons du moins) presque toujours celui du père ou du parrain, on était obligé de trouver des stratagèmes pour différencier les gens.

Parmi les prénoms les plus courants il y avait :

  • Jean (jang) qui donnait jängi, jeanchen, jeanli
  • Pierre qui faisait Péit, Pier, Péitchen ou Pierchen.
  • Mais Louis restait Louis, avec l’accent sur le “Lou”.

Le diminutif “chen” était réservé aux enfants, mais appliqué à un prénom féminin. Il flattait une femme.
Les filles s’appelaient Marie (Maï), Margueritte (Gréit, Gréitchen) ou Catherine (Kätt, Kättchen, Kätti).

Avec tout ça, il y avait de quoi confondre les personnes, alors on désignait les gens par des sobriquets.
En général, ce surnom était lié à l’endroit où la personne vivait ou avait vécu, à une famille ancienne, à une particularité physique ou vestimentaire, à un défaut aussi. Pour compliquer les choses, le sobriquet pouvait se passer de père en fils, à la fin, on ne savait plus vraiment ce qu’il signifiait à l’origine. Il pouvait aussi être attaché à une maison et désigner successivement les familles qui l’habitaient.

Ainsi le “Schwärze Balthes” est un Balthazar qui habite le “Schwäärzelach”, qu’on ne pouvait confondre avec le “Kaapesch Balthes” qui portait toujours une casquette (Kaap).
A titre indicatif, en 1931, sur 887 personnes de nationalité française, les prénoms les plus courants étaient Marie (106), Jean (77), Catherine (53), Nicolas (41), Marguerite (40), Jean-Baptiste (36), Pierre (35), Madeleine (33), Jean-Pierre (32), Michel (30), Joseph (29), Anne (23), Louis (21), Mathias et Henri (20).
55% des personnes se partageaient donc les 10 premiers prénoms de cette liste.

 

Les Grenouilles De Volmerange

Comme la plupart des habitants des villes et villages, ceux de Volmerange-les-Mines ont un sobriquet:
” Les Attrapeurs de Grenouilles “.

Jadis, vers l’an Mil, le village de Volmerange-les-Mines qui appartenait à l’abbaye de Saint-Denis recevait de temps à autre son prieur.
Un jour lors de l’une de ses visites, le saint homme ne put fermer l’oeil de la nuit. En effet, la maison seigneuriale où il logeait se trouvait dans la zone marécageuse. Nous étions au moi de mai, au milieu de la saison des amours des grenouilles et toute la nuit il fut dérangé par leurs coassements.

Le lendemain matin, de fort mauvaise humeur, il fit rassembler les villageois près de la chapelle et leur dit: “Je n’ai, de ma vie, passé une aussi mauvaise nuit à cause de ces satanées grenouilles, j’espère que la prochaine sera meilleure sinon vous serez tous punis. “

Alors quelqu’un proposa une solution:
” Pour remédier à ce problème, nous n’avons qu’à envoyer nos enfants pour les faire taire. Pour cela, il suffira de lancer des pierres chaque fois qu’elles se feront entendre.”
Quand la nuit tomba, garçons et filles se cachèrent dans les roseaux, munis de pierres et de morceaux de bois. Lorsque les premiers cris se firent entendre, il lancèrent leurs projectiles vers les fossés où se trouvaient les grenouilles. Celles-ci se turent et s’enfuirent dans tous les sens. Et ils continuèrent ainsi jusqu’au lever du jour et ainsi de suite jusqu’au départ du prieur.

Celui-ci, heureux d’avoir pu passer d’agréables nuits de repos, décida de récompenser les Volmerangeois.
Il leur permit de cultiver à leur gré un champ que l’on nomma : ” Le champ des grenouilles “.

Ainsi, chaque fois qu’un visiteur de marque séjournait au village, cette corvée devint une tradition.
C’est pour cela que, depuis ce temps-là, les Volmerangeois sont surnommés: ” Les Attrapeurs de Grenouilles “.